Grounded : une early access solide pour un jeu de survie rafraîchissant

Origine de l'article : PRESSE NUMERIQUE .

Présenté par Obsidian il y a un peu moins d’un an, Grounded avait de quoi surprendre, voire de décevoir. Le studio américain, réputé pour avoir un ADN solidement ancré dans le RPG et auréolé d’un pedigree qui lui fait honneur dans le domaine, dévoilait alors un jeu de survie. Développé par une équipe aux effectifs modestes, le titre semblait s’inscrire dans un genre beaucoup trop saturé pour tirer son épingle du jeu. Disponible en accès anticipé sur Steam et sur le Xbox Game Pass Ultimate, Grounded s’avère finalement plus rafraîchissant que l’on pourrait le croire.
Note sur les tests d’Early Access :
Ce jeu est disponible en accès anticipé (early access). Son contenu est donc susceptible d’évoluer significativement dans un avenir proche. Le test de la rédaction est valable pour la version évaluée le 31/07/2020 et sera mis à jour si nécessaire.
It’s a small world
La première originalité de Grounded se trouve dans son univers. Passé un écran de sélection de personnages vous permettant de choisir parmi l’un des 4 ados proposés, vous vous réveillez dans un monde pour le moins bucolique, qui pourrait paraître pour une forêt dense, à une exception près, les arbres sont ici des brins d’herbe et les montagnes de simples cailloux. Effectivement, suite à une mystérieuse expérience scientifique, vous et vos comparses vous éveillez miniaturisé dans le jardin d’un pavillon dans ce qui semble être un quartier résidentiel. Avec pour seul équipement vos deux petits bras et un sac à dos, vous devrez partir explorer les lieux et récolter des ressources afin de survivre dans cet univers aussi enchanteur qu’hostile. S’il est bien une force que l’on peut concéder à Grounded, c’est clairement d’avoir su façonner un univers particulièrement immersif. Avec son design cartoon, sa bande son atmosphérique et le sound design très naturel, le titre d’Obsidian n’a aucune peine à immerger le joueur et à l’inviter en permanence à l’exploration. Parfois même franchement joli, surtout sur PC, grâce à une direction artistique très cohérente et inspirée, Grounded sait varier les plaisirs et sait tirer profit de la petitesse de votre personnage pour sans cesse vous surprendre. Il faut simplement parfois prendre du recul et lever les yeux pour comprendre que cet obstacle infranchissable n’est en réalité qu’un simple pot de fleurs, ou l’élément d’un jouet égaré par l’enfant qui doit sans doute habiter dans le pavillon. Les surprises de ce genre sont nombreuses et la carte recèle de petits éléments à explorer, ce qui sera toujours, vous l’aurez compris, un véritable plaisir tant le monde de Grounded est bien brossé. Mais un univers sympa ne fait pas tout, alors, que peut-on y faire ?
Un départ un peu poussif mais pas punitif
Avant d’aller plus loin, il convient qu’il existe deux manières de jouer à Grounded. La première est en solo. Vous n’incarnez alors qu’un seul adolescent. Libre à vous en revanche de créer une partie multijoueur autorisant alors jusqu’à 3 compagnons à rejoindre votre partie d’autant plus que le jeu est proposé en cross play. Un point est alors à souligner : Grounded se démarque de nombreux jeux de survie en axant vraiment son multijoueur sur la coopération. Inutile donc de craindre de croiser la route de joueurs uniquement là pour pourrir votre partie ou exploser vos bases durement construites, ici, le danger viendra de l’environnement et de l’environnement seul, même si le friendly fire est activé dans les modes de difficulté autres que très facile.
Les premiers pas dans Grouded, comme c’est souvent le cas dans les jeux de survie, sont assez laborieux. Exception faite d’une toute petite poignée d’indications, le jeu ne vous prend pas par la main et vous laisse vous débrouiller seul. Il existe bien une ébauche de trame narrative, qui vous conduira à différents points de la carte, mais pour pouvoir y parvenir, il conviendra d’abord d’appréhender les rudiments de la survie. Chaque objet récolté au départ débloque automatiquement des patrons, permettant de confectionner différents outils. Traditionnellement, il faudra récupérer des morceaux de cailloux, et quelques bouts de plantes pour en faire de la corde pour vous confectionner votre premier outil de récolte, permettant alors d’accéder aux éléments les plus solides, comme les brins d’herbe ou les pissenlits, qui pourront vous procurer entre autres des ressources plus imposantes, que vous ne pourrez pas stocker dans votre inventaire, mais que vous pourrez porter à l’épaule afin de confectionner des murs pour votre abri de fortune, qui pourra être défini comme point de réapparition en cas de mort.
De nombreuses recettes à débloquer, beaucoup de choses à explorer
Mais si la récolte d’un nouvel élément peut débloquer de nouvelles recettes, d’autres sont à découvrir par vous-même, grâce à des sortes de micro stations scientifiques, qui vous permettent de faire 3 analyses d’objets que vous avez dans vos sacs. Analyser une planche de bois, par exemple, déverrouillera le patron d’un mur plus solide. Il existe ainsi une multitude de choses à découvrir, pour peu que vous preniez le temps de vous rendre dans ces stations qui jalonnent la carte, dévoilant alors une certaine profondeur dans Grounded, qui, encore une fois, invite en permanence le joueur à faire ses découvertes par lui-même. Ainsi, à mesure que vous tenterez des analyses et progresserez dans la confection de votre équipement, vous pourrez accéder à de nombreuses recettes destinées à favoriser votre survie. Couchage, atelier permettant d’améliorer des armes, espace de stockage, plantations ou stockage d’eau sont autant de structures qu’il conviendra de façonner afin de faciliter votre progression. Les premiers pas peuvent être assez laborieux et Grounded vous fait alors vite comprendre que derrière ses couleurs chatoyantes et son aspect presque adorable se cache en réalité un monde plein de dangers, et surtout de bestioles dont certaines sont particulièrement agressives. Il en résulte une mise en jambe un peu poussive, mais en faisant preuve d’un peu de prudence, Grounded dévoile un potentiel solide et même une approche du jeu de survie plutôt équilibrée sans qu’elle semble injustement punitive.
La survie en coop accessible
La gestion de la faim et de la soif est suffisamment présente pour qu’il soit nécessaire de s’en préoccuper, mais pas intrusive au point d’être une priorité de tout instant. Une bulle de rosée le matin de la partie (il est possible de dormir de 20h à 06h dans le jeu pour laisser passer la nuit au cours de laquelle les créatures les plus hostiles sont nombreuses), et une petite grillade rapidement préparée à votre feu de camp et vous pourrez passer la journée à explorer sans mourir de faim ou de soif. En outre, la mort, elle, si elle intervient très souvent, n’est pas une sanction dramatique. Effectivement, vous perdrez certes tout le contenu de votre sac à dos une fois passée l’arme à gauche, mais pas d’inquiétude. Un marqueur vous indique l’endroit où récupérer votre matériel, sachant que si vous mourez à nouveau entre temps, il sera toujours possible de retrouver vos affaires, là où presque tous les autres jeux de survie les auraient fait disparaître.
Il existe cependant bien des moyens de vous défendre et outre les armures et armes que vous pouvez vous confectionner une fois certains éléments analysés (mandibules de fourmis, par exemple, car oui, il faudra tuer des fourmis ouvrières qui vous fichent pourtant une paix royale), un système de combat est proposé au joueur. Vous pourrez donc parer les attaques et porter des coups en fonction de votre endurance, mais pour le moment, ce n’est clairement pas cela que Grounded réussit le mieux. Assez imprécis, les combats peuvent rapidement tourner en votre défaveur et dégénèrent assez souvent, certains adversaires pouvant apparaître derrière un recoin d’herbe, augmentant alors les adversaires à affronter. Et si par malheur, une araignée vient se mêler de vos affaires, le game over ne sera pas loin. S’il est bien possible de fuir, ces dernières sont très tenaces, puissantes et courent plus vite que vous. En somme, à moins d’avoir pas mal de chances, une trop grande proximité avec une araignée sera souvent synonyme de mort. Il faudra simplement patienter qu’elle s’en aille une fois votre personnage réapparu pour aller récupérer vos affaires en toute tranquillité. Notez d’ailleurs que les insectes, fourmis, araignées, etc. peuvent s’attaquer directement à votre base et détruire toutes vos structures, c’est aussi pourquoi il faudra veiller à trouver un endroit à peu près sécurisé pour la construire.
Un peu de narration, encore pas mal de bugs
Au-delà de son aspect bac à sable, Grounded a mis en place une narration plutôt sympathique. Effectivement, une fois le tutoriel fini, vous tomberez rapidement sur une base scientifique, habitée par un robot qui pourra vous donner quelques missions (tuer x bestioles, découvrir tel lieu) afin que vous puissiez glaner quelques points de sciences à dépenser dans la base pour découvrir de nouveaux patrons. Vous aurez également l’occasion de découvrir différentes cassettes audio qui vous en apprendront davantage sur le lore de Grounded. Outre le fait que, d’une manière assez flagrante, Obsidian, jamais avare en petits clins d’oeil bien sentis, de nombreux éléments sonores et visuels relatifs à l’avancée des points de science et des quêtes semble tout droit issu d’un certain Fallout 76, ces éléments narratifs apportent un peu plus de profondeur au côté grand bac à sable de Grounded. Pour l’heure assez embryonnaire dans cet accès anticipé, le contenu devrait être densifié à mesure que le développement avancera. Notez que l’interface, très pratique sur PC, l’est nettement moins une fois le pad en main et multiplie parfois un peu trop les allers-retours dans les menus juste pour accéder à une simple information.
Côté stabilité, si nous avons bien vu les doléances de certains joueurs concernant les crash et bugs, nos différentes sessions de jeux se sont déroulées sans accrocs côté crash, un peu moins côté bugs. Effectivement, c’est essentiellement du côté des collisions et d’apparition parfois impromptue et illogique d’adversaires dans notre périmètre pourtant clos que s’est trouvé le gros de nos problèmes sans pour autant qu’il se soit avéré handicapant pour poursuivre notre partie. Enfin, s’il est difficile pour l’heure de jauger exactement à quel moment la lassitude gagnera le joueur qui se perdre dans Grounded, sachez que l’early access est suffisamment solide et dense pour vous offrir pas mal d’heures de jeu pour peu que vous souhaitiez tout explorer et tout découvrir, et c’est déjà pas mal dans le monde souvent décevant de l’early access.
Univers vraiment soigné, original et très immersif
Bande son et sound design pile dans le ton
Des mécaniques de survie plutôt en faveur du joueur
Parfois très joli sur PC
De nombreuses recettes à découvrir
L’exploration récompensée
Cross play fonctionnel, jeu agréable en solo comme en multi
La faune locale parfois vraiment flippante (avec l’option pour la rendre moins flippante, une bonne idée)
Narration pour le moment un peu embryonnaire
Nombreux bugs de collision
Interface pas idéale sur One
Moins stable sur console que sur PC
On pourrait croire que tout a déjà été inventé dans le jeu de survie, et en un sens, Grounded le sait et ne bouscule pas les mécaniques inhérentes au genre tout en restant une très bonne surprise. Les chaînes de productions de craft, l’exploration, la construction de base et la gestion des ressources restent très traditionnelles dans les faits. Mais en l’état, Grounded propose une certaine fraîcheur dans son approche de la découverte des patrons et surtout de son univers, qui est doté d’une ambiance absolument formidable et parfois terrifiante. L’exploration récompensée, la diversité des environnements suffisent à eux seuls que vous vous forciez à passer la première grosse demi-heure un peu laborieuse du jeu, qui dévoile ses charmes et ses forces à mesure que l’on progresse. Pour l’heure déjà assez riche en contenu, l’early access de Grounded est tout à fait recommandable pour les amateurs du genre ou même celles et ceux qui voudraient un point d’entrée dans la survie « accessible », qui devront cependant s’accommoder pour le moment de quelques bugs et d’une narration un rien sommaire.
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